Lors de cette conférence donnée à Fort-de-France (Bibliothèque Schœlcher) le 23 janvier dernier, Géraldine Banaré synthétise, en un panorama très efficace, quelques-unes des problématiques essentielles de son ouvrage Édouard Glissant et la poétique des arts, publié aux Éditions de l'Institut du Tout-Monde en 2022.
Au moment où il est beaucoup question du lien d'Édouard Glissant aux arts plastiques, au gré d'expositions et d'interventions diverses, le propos de Géraldine Banaré se distingue par une expertise qui avait donné lieu à une thèse en arts plastiques de référence. Le ressort éminemment pédagogique et méthodique de son analyse, qui fait la part belle aux exemplifications minutieuses de la pensée esthétique d'Édouard Glissant, aux citations et aux corpus artistiques précis, s'éloigne des nombreuses approximations qui ont cours en la matière. Car ce propos est motivé par une volonté profonde : transmettre à la fois la puissance et les visions attachées à la pensée eshtétique de Glissant, que seule permet une longue fréquentation de ses écrits et des œuvres d'arts auxquels ils se réfèrent.
C'est cette minutie de l'analyse que l'on retrouve synthétisée dans cette conférence, qui se réfère directement à l'ouvrage publié en 2022, que les Éditions de l'Institut du Tout-Monde sont fières de porter et dont plus que jamais, la diffusion importe aujourd'hui. Cette part de la pensée d'Édouard Glissant, primordiale s'il en est, méritait une somme de référence sur laquelle tout un chacun puisse s'appuyer — ce qui est le cas depuis lors, grâce aux analyses attentives de Géraldine Banaré.
PODCAST DE LA CONFÉRENCE DE GÉRALDINE BANARÉ DU 23 JANVIER 2026 (FORT-DE-FRANCE, BIBLIOTHÈQUE SCHŒLCHER) :
« ÉDOUARD GLISSANT ET LA POÉTIQUE DES ARTS »
Cette cinquième et dernière conférence du cycle est l’occasion d’aborder ce qui constitue l’ultime et cruciale ramification de la pensée d’Édouard Glissant, sa « dernière poétique » pourrait-on dire, puisqu’il s’agit bien de l’aboutissement en somme de toute sa réflexion. Les itinéraires proposés au cours de ce cycle s’achèveront par conséquent avec la part de cette pensée peut-être la moins étudiée à ce jour et dont il importe de souligner l’ampleur afin de comprendre réellement l’achèvement de la vision du monde de Glissant. Cette part encore minorée et pourtant fondamentale, c’est celle d’une pensée du « vivant » qui, dans une large mesure, fait la jonction entre les données de la réflexion menée autour des thématiques de l’identité, de l’interculturalité et de l’altérité, avec un nouveau regard sur la pensée écologique envisagée au sens philosophique, anthropologique et politique. Pour le volet d’une réelle conscience écologique glissantienne, il s’agit d’envisager comment l’œuvre est en quête d’une symbiose de l’homme avec son entour. C’est dire combien cette ultime investigation de l’écrivain lui permit de parachever son concept de Relation, et c’est dire l’importance de cette phase que toute l’œuvre annonçait. C’est ce cheminement autant que cet aboutissement qui seront au centre de cet éclairage, focalisé autour du dernier credo d’Édouard Glissant : « Rien n’est Vrai, tout est vivant. »
CLÔTURE DU CYCLE DE CONFÉRENCES DE LOÏC CÉRY, « ÉDOUARD GLISSANT, DE LÉZARDE EN COHÉE. ITINÉRAIRES D'UNE PENSÉE-MONDE
ET DU LAMENTIN-RHIZOME » (VILLE DU LAMENTIN / INSTITUT DU TOUT-MONDE, 2025) / PODCAST DE LA 5e CONFÉRENCE DU 6 DÉCEMBRE
Une publication du même nom offre de nouvelles perspectives sur la pensée et la collection de Glissant. Sous la direction d'Ana Roman et Paulo Miyada, ce volume rassemble des essais, des fragments d'archives, des documents visuels et des notices d'artistes qui retracent les trajectoires diasporiques, migratoires et relationnelles présentes dans ses œuvres. Il comprend des extraits inédits de L'Abécédaire d'Édouard Glissant (2008), son dialogue enregistré avec l'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau , ainsi qu'une reproduction de Carnet de voyage sur le Nil (1988), récit de voyage poétique et philosophique composé lors de son périple en Égypte.
L’œuvre de Glissant explore les séquelles de la colonisation à travers la poétique, le vécu et le discours de la vie noire dans les Caraïbes. À partir des paysages de la Martinique, il a élaboré la théorie du Tout-Monde , un monde façonné par la relation, où s’entrecroisent géographies, histoires et temporalités. Pour Glissant, toutes les formes de savoir sont imbriquées, y compris celles inscrites dans la trame d’un poème, l’histoire d’un acoma et les langages et sensibilités inhérents aux œuvres d’art.
De la Martinique à Paris, en passant par New York et au-delà, la vie nomade de l'écrivain a façonné cette vision. La présentation de l'exposition par CARA constitue une étape d'un parcours errant plus vaste, profondément ancré dans le contexte new-yorkais et témoignant de celui-ci.
Ce printemps, CARA présente « La Terre, le Feu, l'Eau et les Vents : Pour un Musée de l'Errance avec Édouard Glissant » — la première exposition américaine de la collection d'art personnelle du poète et philosophe martiniquais Édouard Glissant (1928-2011) .
L'exposition « La Terre, le Feu, l'Eau et les Vents », présentée à l'Instituto Tomie Ohtake de São Paulo, au Brésil, révèle une dimension méconnue de la vie de Glissant : sa vision du musée. Il l'envisageait non comme un monument, mais comme un espace capable d'accueillir l'art, les souvenirs et les histoires entremêlées sans les réduire à des cadres coloniaux.
L’errance, concept central de la pensée de Glissant et de sa vision du musée, est mouvement, rencontre et réinvention. Elle se déploie par le franchissement des frontières – géographiques, linguistiques et historiques – et résiste à la tentation d’une origine ou d’un récit unique. Glissant concevait le monde et le musée comme un archipel : une constellation d’îles vivant côte à côte, échangeant tout en conservant leur spécificité.
L’exposition « La Terre, le Feu, l’Eau et les Vents : Pour un Musée de l’Errance avec Édouard Glissant au CARA » est conçue par Manuela Moscoso, directrice générale et artistique, avec l’assistance de Marian Chudnovsky, en collaboration avec Paulo Miyada, directeur artistique de l’Instituto Tomie Ohtake, et Ana Roman, surintendante artistique de l’Instituto Tomie Ohtake. Cette exposition est réalisée en partenariat avec Mémorial ACTe, le Fonds d’Art Édouard Glissant et l’Institut du Tout-Monde.
DU 28 FÉVRIER AU 10 MAI 2026 : EXPOSITION « THE EARTH, THE FIRE, THE WATER, AND THE WINDS. FOR A MUSEUM
OF ERRANTRY WITH ÉDOUARD GLISSANT » AU CARA À NEW YORK (CENTER FOR ART, RESEARCH AND ALLIANCES)
Depuis 2020, l'ITM s'est dôté d'un pôle éditorial, les Éditions de l'Institut du Tout-Monde. Un pôle dévolu dans un premier temps à l'édition de nos travaux de recherche mais aussi à une réelle activité d'édition, que nous amplifions d'amplifier graduellement. N'hésitez pas à consulter le site spécifique des ÉDITIONS DE L'INSTITUT DU TOUT-MONDE, bien sûr rattaché à notre site principal, et dont l'objet est de présenter dans le détail nos différentes collections ainsi que nos ouvrages.
les soirées « Poétiques de résistance » proposées par Sylvie Glissant à la Maison de la Poésie de Paris
un pôle Cinéma dirigé par Mathieu Glissant, comprenant « Les Ateliers du Quatrième Siècle » et « Les Écrans du Tout-Monde »
un Cycle « Diversité des expériences et causes communes » (2016-2017), en partenariat avec NYU et la FMSH
le programme d'information et de sensibilisation « Mémoires des esclavages » (volet Internet coord. par le Pôle numérique)
un déploiement nouveau du projet initial d'Édouard Glissant, du M2A2 (aujourd'hui « Musée du Tout-Monde »).
un Cycle Art dirigé par Yann Toma (2013-2014), en partenariat avec l'Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne
un Cycle consacré à la traduction, dirigé par Loïc Céry (cycle prolongé par le MOOC « Parcours de Traductologie »)
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L’Institut du Tout-Monde a été créé en 2006 à l’initiative d’Édouard Glissant, avec le soutien du Conseil régional d'Île-de-France et du Ministère de l’Outre-Mer.
Ce réseau est en lien avec différentes structures et institutions culturelles telles que : Théâtre de la Chapelle du Verbe incarné (Compagnie du Tout-Monde, Avignon) ; Association Tout-Monde (Guadeloupe) ; Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde ; Maison de l'Amérique latine (Paris) ; Casa de las Americas (Cuba)... La plupart des manifestations publiques de l'ITM sont menées à Paris, Maison de l'Amérique latine.
L’Institut du Tout-Monde fut fondé en premier lieu par Édouard Glissant en 2006 à partir d’une esthétique et d’une pensée et d’une intention poétique, celle qui avait traversé son œuvre et fait la trame de ses engagements. L’ITM est ainsi devenu un lieu rhizome de la Relation et un lieu d’échanges, une plateforme où se rencontrent les imaginaires et les écritures du monde, un espace où se dit la créolisation, un observatoire des pas imprévisibles de la mondialité, de ses accidents, des incidences et métamorphoses du vivant, un chantier des utopies du Tout-monde. Dans cette optique, l’ITM a progressivemet mis en place des ateliers, des séminaires, des cycles pluridisciplinaires, un musée nomade des arts des Amériques (le M2A2), des rencontres poétiques déclinées en « archipels baroques » (les soirées « Poétiques de résistance »), deux prix littéraires - le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde ; le Prix et la Bourse Édouard Glissant -, des groupes de recherches qui relient, relaient, relatent des espaces de pensées et de tremblements du monde. L'ITM a également fondé en son sein en 2018 le Centre international d'études Édouard Glissant.
L’objectif poursuivi par Édouard Glissant consistait à fonder un vaste réseau culturel à la fois francilien, interrégional, international, et en très étroite connexion avec les régions d'Outre-Mer. Aujourd'hui, l'ITM c'est à la fois :