PRIX CARBET DE LA CARAÏBE
19e édition, 8-12 décembre 2008
La multiplicité de la Caraïbe répercutée en Île-de-France et sa littérature, honorée par le 19e Prix CARBET, Paris 2008

Sous la présidence d'Édouard Glissant


Programme de la 19e session du Prix Carbet de la Caraïbe
Attendus des membres du Jury
Mentions spéciales
Attendus des membres du Jury

Destins noués aux souffrances de l’histoire. Destins voués à détecter la beauté des peuples par delà les pluies et les vents de l’existence. Simone et André SCHWARZ-BART, tout en écriture croisée, ont défié les barrières en tissant le métissage des mémoires crucifiées et des générosités littéraires.
Et nous frémissons toujours de ce tremblement qui habite leurs pages d’un vœu de commuer les blessures en lumière sensible. Parce qu’ils avaient en héritage l’inhumain des tragédies terrifiantes, ils ont fait surgir la conscience solidaire d’une saisie du vivant comme une transcendance.
Aussi furent t-ils, plus que tout autre, couple littéraire incendié de solitude comme un radeau dont nul salut ne veut. Ils inventèrent leur lieu et firent de la Guadeloupe une terre-palimpseste où les contes ne meurent pas, où dessous l’ordinaire le merveilleux pousse des cris de bambous, où les hommes et les femmes coulent la parole comme un café fort, où des mondes se croisent et dérivent dans l’invisible.
Ils avaient à embrasser, l’humain dans des miettes d’humanité rescapées du désastre, à écrire les petits mots fragiles qui bordent l’espérance et nous ouvre la voie vers l’éclat de nos imaginaires inconsolés.
Et soudain, au fil des œuvres, de vieilles femmes nous parlaient d’un temps opaque que leurs rides murmuraient comme des confessions lucides.
Des morts comblaient nos failles d’une résistance occulte portée par des femmes aux noms sublimes : Télumée, Solitude. De les avoir nommées redressait le tombé et nous agrandissait en arbres flamboyants.
Des contes ressuscitaient nos nuits, nos rêves et l’horizon prenait couleur de nos errances, portait sur ses épaules inquiètes une sagesse intime faite de vérité vraie.
André et Simone nous ont appris à toucher nos ombres pour mieux nous sentir, à traverser nos peurs pour trouver nos soleils, à aimer nos défaites pour fêter notre grandeur.
Et tout un paysage de feuilles et de rivières, de cachots et de cauchemars, de mornes oubliés et de halliers en feu, de cannes maudites et de racines de barbadine, s’est fait chant d’envoûtement pour nous remettre aux mains du monde tels des nouveau-nés. Ce monde où la Shoa et l’esclavage avaient meurtri le grand songe d’une possible fraternité. Ce monde à dépasser non par l’oubli mais par la mémoire fascinée de toutes les barbaries. Ce monde de camps de plantations qui n’étaient rien d’autres que la préfiguration des camps de concentration dont ils avaient saisi la démesure commune à l’échelle la démesure.
Et le génie d’André Schwarz-Bart a été de comprendre que les souffrances doivent être solidaires si l’on voulait changer l’ordre de la cruauté, de comprendre qu’il fallait convertir les souffrances en expérience pour convertir le cercle des récriminations et des repentances, de comprendre qu’il n’y avait pas de monopole des souffrances et d’adopter sans réserve la Guadeloupe de Simone Schwarz-Bart comme un lieu de réflexion sur l’histoire du monde. Ce en quoi le Dernier des Justes est à la fois un inclassable monument de la question humaine. Monument juif, monument guadeloupéen, monument mondial, monument d’expression d’un tout-monde ouvert à toutes les rédemptions.
Et ce n’est pas par hasard que Pluie et vent sur Télumée-Miracle figure en bonne place parmi la liste de nos grands classiques comme une lecture imprévisible et talentueuse de nos chaos, de nos traces, de nos lumineux sillons d’existence. C’est le fruit d’une double fécondation à laquelle nous voulons rendre hommage. Celle d’un André empruntant nos pas et celle de Simone marchant pour nous, avec nous, sur les braises d’un aller où l’île devient monde où le monde se concentre en île au péril des alliances nouées, et des entremêlements des humanités, des cultures et des histoires et dans l’insondable des opacités.
André et Simone en honneur et en respect pour tant qui nous fut donné de la relation fragile et somptueuse de vos voix accordées au chant du divers.
Chants accouplés, encouplés, liesse et tresse de ce jardin de mer où les vagues blessées trouvent la force des rivages et le feu des tendresses et les joues d’une terre plus humaine d’être littérature.
En ce jour de Prix Carbet, nous vous disons merci !


Mentions spéciales du Jury

Le Jury tient particulièrement à signaler un premier roman.
Il s’agit de Noirs Néons de Jean-Marc ROSIER, (éditions Alphée).
Dans une langue originale et moderne, s’inspirant des procédés de la photographie et du cinéma, ce jeune auteur martiniquais met en scène et interroge vivement les déshumanisations visibles et invisibles de la société urbaine contemporaine.

Joseph POLIUS, 25 Rue Bayardin, éditions du manuscrit, 2008.
Pour l’éclat d’une écriture qui décentre les données du réel en cadences heurtées et en images retenues.
Pour la tonalité des révoltes postulées et des mémoires à vif qui permettent de conférer du sens à notre présent et de nourrir ainsi l’imprévisibilité du chaos poétique ;
Le jury du Prix Carbet 2008 décerne une mention très spéciale au recueil au recueil 25 Rue Bayardin (édition du Manuscrit 2008) de Joseph POLIUS en hommage à son ton novateur et à sa force d’expression.


Le Prix Carbet de la Caraïbe, 19e session

Créé en 1990 sous la présidence d’Édouard Glissant, le Prix Carbet de la Caraïbe récompense et promeut chaque année, une œuvre littéraire, de réflexion ou de fiction, illustrant l’unité-diversité de la civilisation caraïbe. Il distingue un ouvrage consacré à la Caraïbe ou écrit par un auteur caribéen, de langue française, ou traduit en français.

Alors que le Prix Carbet de la Caraïbe a lieu habituellement et tour à tour en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique, en cette année 2008, il sera décerné à Paris et en Ile de France.

Lundi 8 décembre à 19h00, soirée spéciale Guyane

La Maison de l’Amérique Latine
217, boulevard Saint-Germain – 75007 Paris
www.mal217.org


La Guyane, le continent sud et l’archipel : frontières et identités.
Sous le patronage de MM. les Présidents du Conseil Général et du Conseil régional de Guyane et la présidence de M. Rodolphe Alexandre, maire de Cayenne et membre du Jury du Prix Carbet.

Mots de bienvenue d‘Édouard Glissant

Koudi’p
Représentation de “Koudi’p” pièce du théâtre guyanais, avec la compagnie KS and Co (théâtre Kokolampoe, artistes Saramacas).

Léon-Gontran Damas
Mise en scène d’une lecture de poèmes extraits du recueil Black Label de Léon-Gontran Damas, par Yvan Labejof (metteur en scène et comédien) avec la collaboration du musicien Mario Canonge (pianiste martiniquais).

Entrée libre sur réservation : institutdutoutmonde@gmail.com

Mardi 9 décembre à 20h00, soirée spéciale Guadeloupe

Parc de la Villette
Salle Boris Vian – Grande Halle
211, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris
M° Porte de Pantin – www.villette.com


La Guadeloupe dans le monde
Sous le patronage de MM. les Présidents du Conseil Général et du Conseil Régional de la Guadeloupe, et la présidence de Mme Albert Béville.

Allocution de Mme Henriette Zoughebi
Présidente du Comité Régional du Tourisme d’Île-de-France

Le souvenir de Paul Niger en Afrique
Lecture des poèmes de Paul Niger (Albert Béville) par M. Greg Germain.

Éloge de Saint-John Perse
Lecture des textes par Marianne Basler et Greg Germain, comédiens.

La course absolue de Marie-José Pérec
Commentaires de M. Gérard Delver sur l’ouvrage de Marie-José Pérec “Rien ne sert de courir…”.
Entretien filmé entre Marijosé Alie et Marie-José Perec.
Séance de signatures.

Concert d’Alain Jean Marie
Jazzman guadeloupéen.

Entrée libre sur réservation : institutdutoutmonde@gmail.com

Dans le cadre de la saison créole à la Villette en 2009, découvrez l’exposition Kréyol Factory sur www.kreyolfactory.com


Mercredi 10 décembre à 15h00, soirée spéciale Martinique

Université Paris XII
Faculté de Droit, Amphithéâtre A1
61, avenue du Général de Gaulle – 94010 Créteil
www.univ-paris12.fr


La Martinique, le souvenir.
Sous le patronage de MM. Les Présidents du Conseil Général et du Conseil Régional de Martinique et la Présidence de M. le Recteur de l’Université Paris XII.

Présentation de Monsieur Papa Samba Diop, de l’Université Paris XII

L'Identité en question ?
Rencontre des Professeurs et étudiants de Paris-Est avec Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau sur l’ouvrage Quand les Murs tombent, l’identité nationale hors-la-loi ?

Hommage à Aimé Césaire.
Comment nous lisons la poésie d’Aimé Césaire.
par Mmes Diva Damato (Brésil), Lise Gauvin (Québec), Nancy Morejon (Cuba) et MM. Rodolphe Alexandre (Guyane), Michaël Dash (Trinidad), Maximilien Laroche (Haïti), Ernest Pépin (Guadeloupe), Miguel Duplan (Martinique-Guyane), membres du Jury du Prix Carbet.

Aimé Césaire, Au bout du petit matin
textes dits par Mme Sophie BOUREL, Ms. Günther GERMAIN et Greg GERMAIN.

Entrée libre sur réservation : institutdutoutmonde@gmail.com

Jeudi 11 décembre à 18h00, soirée spéciale “Résistances”

Organisée par la Médiathèque Édouard Glissant

Cinéma Daquin – 76, avenue Victor Hugo - 93150 Le Blanc-Mesnil
Forum Culturel – 1/5, place de la libération - 93150 Le Blanc-Mesnil


“Résistances”
Rencontre-débat entre Wallès Kotra, Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant avec la participation de Linton Kwesi Johnson.

De 18h00 à 19h00 au Cinéma Daquin
Projection du film Tjibaou, le pardon réalisé par Gilles Dagneau et Wallès Kotra.
“Ce film de 52 minutes, à partir d’images d’archives inédites et de témoignages recueillis en Nouvelle- Calédonie, Tjibaou, le pardon retrace le chemin de la réconciliation des familles Tjibaou et Wea, depuis l’assassinat du chef du mouvement indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou par Djubelli Wea, un militant de terrain”. Récit émouvant d'un pardon qui au-delà de la réconciliation de deux familles, réunit tout un peuple.

À 20h00 au Forum Culturel
Débat entre Wallès Kotra, Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant autour du film et des résistances anticoloniales.
Linton Kwesi Johnson lit les poèmes de Michael Smith, poète jamaïcain assassiné à Kingston.

Entrée sur réservation au Forum Culturel : 01 48 14 22 00
ou institutdutoutmonde@gmail.com


Vendredi 12 décembre

Conseil Régional d’Île-de-France
33, rue Barbet-de-Jouy – 75007 Paris


Délibération du Jury à 11h00
(non ouvert au public)

Remise du PrixCarbet de la Caraïbe 2008 à 18h30
Sous le patronage de M. Jean-Paul Huchon,
Président du Conseil Régional d’Île-de-France
et de M. Edouard Glissant,
Président du Prix Carbet de la Caraïbe.

Hommage au peuple haïtien
Chants de MOONLIGHT BENJAMIN artiste haïtienne qui mêle au jazz et au blues les rythmes traditionnels haïtiens.

Uniquement sur invitation

Avec la collaboration de l'Association Tout-monde Guadeloupe
qui a assuré l'organisation du Prix entre 1992 et 2006.

Nous remercions pour leur soutien :

Air France
Le Conseil Régional d'Île-de France
Le Ministère de l'Outre-Mer
La Mairie de Paris
Comité Régional du Tourisme Paris Île-de-France
Le CE de la Caisse d'Epargne
La Maison de l'Amérique Latine
Le Parc de la Villette
L'université Paris XII, Paris EST
Le Conseil Régional de Guadeloupe
Le Conseil Général de Guadeloupe
La DRAC de Guadeloupe
Le Conseil Régional de Guyane
Le Conseil Général de Guyane
La Mairie de Cayenne
La DRAC de Guyane
Le Conseil Régional de Martinique
Le Conseil Général de Martinique
La DRAC de Martinique
Promolivres Guyane
La Compagnie KS and Co
Le TOMA
Le Théâtre Kokolampoe
La Médiathèque Edouard Glissant
Le Forum Culturel du Blanc-Mesnil
Le Cinéma Daquin, Le Blanc-Mesnil
RFO-France Ô
les éditions GALLIMARD
L'hôtel Claret, Paris Bercy

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